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Numéro 22 - Les mondes de la musique

La musique est un univers déconcertant : phénomène immatériel et éphémère, elle est liée à la matérialité d’objets, à l’action et la coprésence d’individus, à l’activité de lieux dédiés dont la réunion seule lui permet d’apparaître à la fois événement unique et patrimoine en voie de constitution. Ces objets, ces personnes, ces lieux, sont partie intégrante du processus de médiation qui fait advenir la musique indissociable de la médiatisation qui en rend compte à des fins de toute nature : commerciales, esthétiques, politiques. Cette médiatisation façonne la « vie musicale », nourrit une relation étroite entre l’univers abstrait des sons et des émotions et le monde des médias, fait de textes, de paroles, de machines et d’images. C’est pourquoi, il n’est pas excessif d’affirmer que les mondes de la musique sont aussi des mondes de papiers, de techniques et d’images, étroitement liés les uns aux autres.

Dossier coordonné par Hélène Eck et Caroline Moine. n°21, Printemps 2014.


Sommaire

Dossier : Les mondes de la musique

  • Hélène Eck, Caroline Moine - Présentation

    La musique, qu’elle soit instrumentale ou vocale, classique ou non, est un univers déconcertant : phénomène immatériel et éphémère, « communion immédiate et ineffable », elle est consubstantiellement liée à la matérialité d’objets (partitions, instruments, disques), à l’action et la coprésence d’individus (les commanditaires, les interprètes et les publics), à l’activité de lieux dédiés (théâtres, salons, salles de concerts, radios) dont la réunion seule lui permet d’apparaître et de demeurer, évanescente mais reproductible, à la fois événement unique et patrimoine en voie de constitution. Ces objets, ces personnes, ces lieux, sont partie intégrante du processus de médiation qui fait advenir la musique, indissociable (...)

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  • Florence Alazard - Musique médiatisée et médias musicaux dans l’Italie de la Renaissance

    Dans l’Italie de la Renaissance, les rapports qui se nouèrent entre les médias que sont les feuilles volantes, et autres avvisi, et la musique s’avèrent non dénués d’étrangeté : si cette dernière la musique était rarement, voire jamais, l’objet traité, elle était en revanche le vecteur principal de l’information, puisque les nouvelles du monde étaient lues avec un accompagnement musical sommaire, ou psalmodiées, même chantées. La musique se faisait donc média. Les avvisi délaissaient la musique, mais le XVIe siècle vit la captation, par les pouvoirs princiers, de la médiatisation de la musique : les festivités musicales étaient médiatisées par le biais d’imprimés codifiés et normalisés qui cherchaient à rendre (...)

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  • Danièle Pistone - Piano et presse musicale française (XVIIIe-XXIe siècles)

    Le XIXe siècle vit naître l’âge d’or de la presse française, tout comme le piano devint à cette époque l’instrument favori de la bourgeoisie. Pareille concomitance méritait d’être étudiée de plus près. Fondé sur la publication d’un récent panorama de quelque 4 000 périodiques musicaux, le présent article cherche à montrer comment, vu à travers ce prisme, le piano reflète bien quelques tendances nationales, pourquoi les journaux consacrés à cet instrument ont peiné à se maintenir, quelles furent et sont actuellement pour eux les conditions de la réussite La place et la fonction du piano ont certes évolué du XVIIIe siècle à nos jours – où le clavier digital a souvent remplacé l’instrument acoustique – mais de (...)

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  • Sonia Rollet - Les multiples enjeux de la critique musicale : l’accueil de l’oeuvre de Gaetano Donizetti en France (années 1830-1850

    « Providence des théâtres » parisiens de 1835 à 1843, Gaetano Donizetti est pourtant un compositeur mal-aimé de la presse française, de son vivant et pendant tout le XIXe siècle. Elle lui reproche notamment sa production prolifique. Le plus souvent malmené voire diffamé, il parvient malgré tout à se faire quelques alliés. Mais, plus pragmatique que stratège, il ne peut généralement que subir les attaques dont il est victime. Le mépris de la critique se traduit également par l’indifférence qui accueille l’annonce de sa disparition. Cependant, dans les années qui suivent, on constate une trêve qui, pour être de courte durée, n’en est pas moins significative. Les contempteurs reprennent bien vite leurs droits (...)

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  • Jean-Claude Yon - Offenbach, homme de médias

    Jacques Offenbach (1819-1880) voit sa carrière se développer à partir du milieu des années 1850 et l’on peut dire qu’une véritable fièvre offenbachienne s’empare du monde entier dans les années 1860 et 1870. Ce phénomène s’explique en partie par la personnalité d’Offenbach, remarquable « communicant » qui sait utiliser les médias comme aucun compositeur avant lui. Dès son arrivée à Paris dans les années 1830, le musicien s’emploie à faire parler de lui, créant au besoin une polémique pour assurer le succès d’un oeuvre. Cette stratégie est facilitée par l’alliance qu’il passe avec Le Figaro. « Journal officiel des Bouffes-Parisiens », selon les termes de son directeur, Le Figaro offre au compositeur une tribune que (...)

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  • Karine Boulanger - L’Opéra de Paris et la presse à la veille de la Première Guerre mondiale

    L’Opéra de Paris, au début du XXe siècle, entretenait des liens étroits avec la presse. Plusieurs membres de son personnel avaient été journalistes ou critiques musicaux, et le théâtre plaçait dans la rubrique théâtrale des grands quotidiens des communiqués officiels tenant le public au courant des événements de la saison. On y divulguait aussi des propos de compositeurs, des lettres d’interprètes et des informations en tout genre sur la préparation d’un spectacle. Quelques em - ployés du théâtre utilisaient leurs relations avec les directeurs de revues pour y publier des articles élogieux rédigés par leurs soins, ou bien on commandait des textes à un journaliste en place en fournissant des clichés (...)

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  • Sophie Maisonneuve - L’industrie phonographique et la patrimonialisation de la musique dans la première moitié du XXe siècle

    Contrairement à une idée répandue par les théories critiques de la culture de masse et des industries culturelles, l’essor de l’industrie phonographique a conduit à une patrimonialisation sans précédent de la musique. L’étude du traitement de la musique dite « classique » par cette industrie et ses consommateurs dans la première moitié du XXe siècle conduit à mettre au jour trois composantes intriquées de cette patrimonialisation : la formation d’un monument musical par la mise à disposition matérielle d’un répertoire ; la valorisation du passé à travers différents dispositifs (« redécouvertes », médiations discursives, médiations matérielles telles les collections et commémorations) ; enfin, l’avènement d’un (...)

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  • Bodo Mrozek - Écouter l’histoire de la musique. Les disques microsillons comme sources historiques de l’ère du vinyle

    Après 1945, le principal media d’enregistrement de la musique était le disque vinyle. Les concerts n’étaient plus les seuls lieux où l’on pouvait écouter de la musique. Au contraire, ils servirent souvent de promotion pour la vente d’un disque. Les vinyles n’étaient pas seulement importants dans le champ esthétique mais également comme media politique. Ils furent au coeur de discussions, de boycotts et de nombreux cas de censure. Les disques ont entraîné l’apparition de nouvelles cultures et de nouvelles pratiques d’écoute de la musique, mais aussi de nouveaux medias (presse écrite), de nouveaux marchés. Ils devinrent même un élément de distinction sociale et nourrirent des débats entre intellectuels. (...)

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  • Didier Francfort - Vous avez dit « classique » ? La musique classique à la télévision française des années 1950 aux années 1990

    Depuis les années 1950, des émissions de télévision sont destinées à diffuser à un large public ce que la musique classique a de meilleur. Un tel projet, proclamé de façon constante, s’est modifié. La culture musicale très riche de Bernard Gavoty, précurseur de la télévision musicale, a été perçue, à tort ou à raison, comme élitiste. Dans les années 1960, une période d’expérimentation a davantage permis aux musiques contemporaines d’accéder à l’antenne, avec l’émission Arcana. Le Grand Echiquier de Jacques chancel a apporté une autre dimension publique, dans laquelle la musique classique est intégrée à une logique culturelle « globale (...)

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  • Hervé Glevarec - Le propre de la radio. Fonctions radiophoniques et nouveau statut de la radio dans l’environnement numérique

    Enquêtes préalables sur la radio musicale à l’appui cet article propose un modèle pour penser le nouveau statut des radios dans l’environnement numérique qui affecte son statut tant du côté des contenus, plus largement disponibles, que du côté des auditeur, moins dépendants de ce média. Les fonctions d’identification, de nouveauté, de programmation et de présence au présent que la radio semble avoir assurées jusqu’à maintenant se voient concurrencées par l’émergence d’autres acteurs et médiations du champ musical et social (fichier musical, radio en lignes, réseaux sociaux). Dans sa seconde partie, l’article propose un modèle prospectif pour penser le statut de la radio “généraliste” et “thématique” et situe la (...)

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  • Emmanuelle Olivier - Musiques et globalisation : techno-logiques de la création musicale

    Avec la démocratisation du numérique depuis le début des années 2000, une véritable mutation technologique affecte la création, la diffusion et la circulation des musiques et des danses. Si la question est travaillée depuis quelques années pour les pays du Nord, en revanche nous ignorons largement comment, dans des contextes moins industrialisés, des régimes créatifs se développent à l’heure du numérique. En outre, dans de nombreux pays, on observe que le numérique coexiste avec des technologies “obso - lètes” tels la cassette analogique, le disque vinyle, ou le VHS. Malgré leur peu de visibilité dans les pays du Nord, ces technologies mixtes témoignent pourtant de savoirs et de savoir-faire, (...)

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Territoires d’études

  • Christian Le Bart - Les livres des politiques : de la prérogative présidentielle à la banalisation

    Les stratégies de publication des professionnels de la politique ont évolué avec le temps. Le statut d’auteur, voire d’écrivain, fut conféré au général de Gaulle. Ce statut est devenu après lui un attribut présidentiel. Ses successeurs devaient faire leur preuve sur le terrain de l’écriture. On assiste pourtant depuis quelques decennies à une banalisation de l’écriture politique, dans un contexte d’individualisation du champ politique. Toutes les personnalités politiques en quête de visibilité publient désormais des livres politiques.

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  • Christine Leteinturier - La musique sur internet, entre effets de génération et paradoxe social : quelques pistes

    Cette contribution à l’étude de la musique sur internet est une synthèse de travaux d’étudiants de Master 1 Information-Communication de l’Institut Français de Presse (université Panthéon-Assas). S’intéressant soit à la musique techno, soit à la musique classique, ils ont cherché à comprendre ce que l’internet fait moins à la musique qu’aux musiciens et aux mélomanes autour de deux courants musicaux, la musique électro-techno et la musique classique. Musique populaire, mais surtout musique « jeune » la techno a rapidement trouvé sa place sur l’internet tant du côté de la production musicale que des dispositifs d’évaluation des artistes et des échanges de sons, du fait même de sa proximité forte aux TIC. Du (...)

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  • Philippe Jian - “L’Alsace-Lorraine française” : aspects et limites d’une propagande d’Etat pendant la Grande Guerre

    La propagande d’Etat sur la question d’Alsace-Lorraine pendant la Grande Guerre est partagée entre la structure de propagande du ministère de la Guerre et celle du quai d’Orsay. La dispersion des moyens et des énergies témoigne de l’incapacité de l’Etat à centraliser l’action de propagande qu’elle limite au temps de guerre. En négligeant de préparer les cadres d’une « bonne paix » les pouvoirs publics montrent ainsi leur peu d’intérêt pour la « guerre psychologique ».

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Entretiens

Recherche - Actualités

  • Positions de thèses

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  • Colloques

    La communication transparente. Organisations, communication et transparence, Bruxelles, 21-22 novembre 2013 (Emmanuel Wathelet). La participation des publics : pratiques et conceptions, Saint-Denis la Plaine, 28-29 novembre 2013 (Claire Wehrung). Le portrait politique en France et en Italie de 1914 à nos jours, UVSQ, 13-14 décembre 2013 (Pierre-Emmanuel Guigo). Censures, d’hier à aujourd’hui : histoire des censures dans le monde du XVIIIe siècle à nos jours, Paris, 6-8 février 2014 (Cécile Lienhard, Madeleine Planeix-Crocker).

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  • Festival

    Les Médiatiques, 3e édition, “Médias et Politique : les liaisons dangereuses ?”, Lycée Voltaire, Orléans (Morgane Philippe).

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Parutions

Le point sur...

  • Jean-Sébastien Noël - Le vidéo-clip : cheval de Troie de l’industrie du disque et territoire créatif (années 1970 – fin des années 1990)

    Dans une somme à vocation encyclopédique, publiée dans les années 1980, Nicolas Deville et Yvan Brissette contribuèrent à élire le vidéo-clip comme un objet culturel digne d’avoir une histoire1. Si le projet s’accompagnait d’un sous-titre quelque peu emphatique, il témoignait par ailleurs de l’enthousiasme d’une époque pour un support à la fois commercial et artistique, assumant sa fonction publicitaire et permettant à des artistes innovants de toucher un public de masse. Dans son hybridité esthétique et fonctionnelle, le vidéo-clip ressemblait aux années 1980 : cet héritier du scopitone s’est développé à l’ère télévisuelle dans le cadre d’une libéra(lisa)tion des possibilités créatives motivées par le « do (...)

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  • Jean-Marc Poilpré - Christian Hémain : un Français au coeur de la presse financière de la City dans les années 1970-80

    Le 22 mars 1974, le Lyonnais Christian Hémain publie à Londres le premier numéro d’une lettre confidentielle en langue anglaise, l’embryon de la future International Financing Review (IFR) – un hebdomadaire phare de la presse spécialisée, qualifié en 2009 de « bible des marchés financiers » par le Financial Times 1. Hémain est un personnage haut en couleurs, décrit par ceux qui l’ont côtoyé comme « flamboyant ». Après une première expérience professionnelle dans l’entreprise familiale, les verreries Hémain de Rive-de- Gier, dans la Loire, il se tourne vers la presse. Il débarque à Londres à la fin des années 1960 comme correspondant de l’Agence économique et financière (Agefi). Très vite, sans prévenir sa (...)

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Chronique Passé-Présent